
Une nouvelle recherche menée par des scientifiques finlandais et norvégiens suggère que le simple fait d’imaginer des environnements naturels peut significativement réduire le stress et favoriser la relaxation. L’étude, publiée dans le Journal of Environmental Psychology, révèle que l’imagerie mentale de paysages naturels est plus efficace pour apaiser l’esprit que l’imagerie d’environnements urbains.
- 🌿 L’imagerie mentale d’environnements naturels réduit le stress plus efficacement que l’imagerie urbaine.
- ❤️ Une fréquence cardiaque plus lente et une plus grande variabilité cardiaque sont observées lors de l’imagerie de la nature, signe de relaxation.
- 🧠 L’imagerie mentale active l’engagement émotionnel et la stimulation positive.
- 🌳 Les personnes ayant un lien fort avec la nature bénéficient davantage de l’imagerie mentale.
- 💡 L’imagerie de la nature pourrait être une alternative thérapeutique viable lorsque l’accès à la nature est limité.
Les bienfaits de la nature, même en pensée
Les bienfaits du contact avec la nature sur la santé mentale sont bien documentés. De nombreuses études ont démontré que l’exposition à des environnements naturels, qu’elle soit réelle ou virtuelle, peut atténuer le stress et améliorer le bien-être psychologique. Des théories comme celle de la réduction du stress et celle de la restauration de l’attention expliquent ces effets bénéfiques. La première postule que les humains réagissent positivement aux environnements naturels non menaçants, tandis que la seconde suggère que ces environnements permettent de récupérer de la fatigue mentale grâce à une attention sans effort.
Les chercheurs Mika Koivisto de l’Université de Turku (Finlande) et Simone Grassini de l’Université de Bergen (Norvège) se sont intéressés à la possibilité de reproduire ces effets uniquement par l’imagerie mentale. L’imagerie mentale, ou la capacité à « voir avec l’œil de l’esprit », est un processus cognitif capable de susciter des réactions émotionnelles similaires à celles ressenties lors d’une perception réelle.

Comment s’est déroulée l’étude ?
Pour tester cette hypothèse, les chercheurs ont mené une étude impliquant 50 étudiants de l’Université de Turku, d’un âge moyen de 23 ans. Les participants ont d’abord été soumis à une tâche cognitive exigeante pour induire un état de stress. Ils ont ensuite été invités à imaginer pendant cinq minutes des mots liés à la nature (montagne, fleur, bord de mer) et, séparément, des mots liés à la ville (bar, ruelle, moto).
Les chercheurs ont mesuré la restauration subjective des participants à l’aide d’échelles d’auto-évaluation, ainsi que des indicateurs physiologiques tels que la fréquence cardiaque, sa variabilité et l’activité électrodermale. La variabilité de la fréquence cardiaque et l’activité électrodermale sont des mesures couramment utilisées pour évaluer la relaxation et l’éveil physiologique.
Des résultats encourageants
Les résultats de l’étude sont clairs : les participants ont rapporté un sentiment de ressourcement plus important après avoir imaginé des paysages naturels qu’après avoir imaginé des environnements urbains. Sur le plan physiologique, l’imagerie de la nature a été associée à un rythme cardiaque plus lent et à une plus grande variabilité de celui-ci, deux signes de relaxation accrue. L’activité électrodermique, quant à elle, était plus forte pendant l’imagerie de la nature, suggérant un engagement émotionnel plus important ou une stimulation positive.
Les chercheurs ont également constaté que les bénéfices de l’imagerie de la nature étaient plus prononcés chez les individus ayant un lien plus fort avec la nature, soulignant l’importance des préférences personnelles et des associations émotionnelles.
Implications pour la thérapie
Koivisto et Grassini concluent que ces résultats ont des implications pratiques pour les thérapies psychologiques. Ils suggèrent que lorsque l’accès à la nature est limité, l’incorporation d’images de la nature pourrait être une alternative valable aux visites réelles dans la nature.
Bien que l’étude apporte des éclaircissements importants sur le potentiel thérapeutique de l’imagerie mentale, les chercheurs soulignent certaines limites, notamment le fait que la population étudiée était principalement composée de jeunes femmes adultes. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si ces résultats peuvent être généralisés à d’autres groupes démographiques.



