
L’Empire du Milieu entre dans la course aux mégaconstellations avec le projet Guowang, destiné à rivaliser avec Starlink. Pendant ce temps, l’Union européenne prépare IRIS², un projet ambitieux pour renforcer son autonomie technologique.

La course à la domination spatiale s’intensifie. Alors que Starlink de SpaceX domine le marché des constellations satellites, la Chine et l’Union européenne entrent en scène avec des projets ambitieux. Entre Guowang et IRIS² , cette compétition promet de bouleverser l’équilibre technologique mondial.
La Chine accélère avec Guowang
La Chine a frappé fort cette semaine avec le lancement des 10 premiers satellites de sa constellation Guowang , visant à rivaliser directement avec Starlink , la constellation de SpaceX. Ces satellites, placés en orbite à 1 100 kilomètres d’altitude, ne sont que le début d’un projet ambitieux qui prévoit le déploiement de 12 992 satellites pour offrir une connexion internet à faible latence.
Ce projet, bien qu’annoncé de manière discrète, est stratégique pour l’Empire du Milieu. En plus de Guowang, une autre entreprise chinoise, Shanghai Yuanxin Satellite Technology Company , développe également sa propre constellation. Cette dernière a déjà lancé 18 satellites cette année, confirmant les grandes ambitions spatiales de la Chine.
Selon les experts, la création de ces infrastructures spatiales vise à réduire la dépendance technologique aux systèmes étrangers , tout en consolidant le rôle de la Chine comme acteur majeur dans l’économie numérique mondiale.
IRIS² : La riposte européenne
La Chine n’est pas la seule à investir massivement dans les constellations satellites. L’Union européenne a officiellement lancé le projet IRIS² , une constellation destinée à offrir une connectivité sécurisée aux gouvernements, entreprises et citoyens européens.
Ce programme, au coût estimé à 10,6 milliards d’euros , bénéficie d’un financement public de 6,5 milliards d’euros et se positionne comme une alternative stratégique face à la domination américaine dans le domaine spatial. « En comblant les lacunes en matière de connectivité, IRIS² renforce l’autonomie stratégique et le leadership technologique de l’Europe » , précise un communiqué de la Commission européenne .
Le premier lancement de cette constellation européenne est prévu pour 2029 , un calendrier ambitieux qui souligne l’urgence pour l’Europe de sécurité sa position dans cette nouvelle ère de compétition spatiale.
Une guerre technologique dans l’espace
Avec le développement simultané des projets Guowang, Starlink et IRIS², une nouvelle guerre technologique se profile dans l’espace. Ces mégaconstellations ne se contentent pas de fournir des services internet : elles sont le symbole de la souveraineté numérique et de la capacité d’innovation des nations.
Le projet Guowang, tout comme IRIS², illustre la volonté des puissances mondiales de ne plus dépendre des infrastructures américaines. Alors que Starlink a déjà déployé plus de 5 000 satellites et s’impose comme le leader incontesté du secteur, la réponse chinoise et européenne annonce un changement d’équilibre géopolitique .
L’Union européenne, bien que tardive dans son initiative, mise sur la sécurité et la coopération intra-européenne pour se différencier. Quant à la Chine, elle semble déterminée à jouer la carte de la compétitivité technologique et économique pour conquérir des parts de marché.
Avec ces initiatives, l’espace devient plus que jamais un terrain d’affrontement stratégique, où innovation et souveraineté numérique se croisent.



