
OpenAI, l’organisation derrière le populaire modèle conversationnel ChatGPT, vient d’annoncer une décision majeure qui redéfinit sa structure et son cap stratégique. Ce choix, qualifié de crucial par son leadership, pourrait bien façonner l’avenir du développement de l’intelligence artificielle conversationnelle et bien au-delà.
Le maintien du contrôle non lucratif
Dans un revirement significatif par rapport à ses plans antérieurs, OpenAI a confirmé que son organisation à but non lucratif conservera le contrôle des activités de l’entité. Cette décision intervient après des consultations approfondies. Sam Altman, le CEO d’OpenAI, l’a souligné dans une lettre interne, rappelant que « OpenAI n’est pas une entreprise normale et ne le sera jamais ».
Le projet initial prévoyait une cession partielle du contrôle aux actionnaires, alignant davantage la structure sur celle d’une entreprise commerciale classique. Cependant, l’organisation a finalement choisi de maintenir le pouvoir décisionnel au sein de sa composante originelle à but non lucratif. Cette orientation a été influencée par des discussions avec des « leaders civiques » ainsi que les bureaux des procureurs généraux de Californie et du Delaware. Ces échanges, couplés aux discussions avec Microsoft et les commissaires à but non lucratif nouvellement nommés, ont conduit à cette réaffirmation de la primauté de la mission non lucrative.
Une évolution pour la branche commerciale
Si le contrôle reste entre les mains de la structure non lucrative, des changements importants sont néanmoins prévus pour la branche commerciale d’OpenAI. Actuellement configurée comme une LLC (une forme s’apparentant à une SARL) avec un « plafonnement » des profits, cette structure visait à privilégier la recherche fondamentale plutôt que les seuls intérêts financiers.
À l’avenir, la branche commerciale devrait se transformer en une Public Benefit Corporation (PBC). Cette forme juridique américaine permet de poursuivre des profits tout en intégrant explicitement des objectifs sociaux ou environnementaux. Plus important encore, OpenAI adoptera « une structure de capital normale où tout le monde possède des actions », selon Sam Altman. L’organisation à but non lucratif deviendra l’un des principaux actionnaires, sa participation étant déterminée par des entités indépendantes. Ce passage à une structure de capital traditionnelle, sans plafonnement des profits pour cette entité, représente un changement majeur dans sa capacité à lever des fonds.
Financer l’ambition de l’ia générale
Ces ajustements structurels, bien que ne constituant pas une transformation complète en entreprise cotée en bourse, visent à permettre à OpenAI de mobiliser les ressources financières colossales jugées nécessaires pour atteindre son objectif ultime : développer une intelligence artificielle générale (AGI) qui bénéficie à « toute l’humanité ».
Sam Altman a été transparent sur l’échelle des investissements requis pour cette vision. « Nous voulons être en mesure de fonctionner et d’obtenir des ressources de manière à pouvoir mettre nos services à la disposition de l’ensemble de l’humanité », a-t-il expliqué. Pour ce faire, OpenAI estime avoir actuellement besoin de « centaines de milliards de dollars », un chiffre qui pourrait « à terme, nécessiter des milliers de milliards de dollars« . La nouvelle structure de capital est conçue pour faciliter la levée de tels montants, tout en maintenant la mission sociale au cœur de l’entreprise via la structure PBC et le contrôle de l’entité non lucrative.
Historique et perspectives
Il est utile de rappeler qu’OpenAI a débuté en 2015 comme une organisation de recherche à but non lucratif, financée par des dons. La branche à but lucratif a été créée ultérieurement pour attirer des investissements plus importants, indispensables au rythme effréné de la recherche en IA de pointe.
La décision de conserver le contrôle non lucratif tout en adoptant une structure de capital plus flexible pour la branche commerciale semble être un compromis visant à concilier la mission originelle de « bénéfice pour l’humanité » avec la nécessité impérative de financer une recherche et un déploiement de l’AGI à une échelle sans précédent. Cette voie hybride, désormais formellement actée, trace le chemin sur lequel OpenAI entend bâtir l’avenir de l’IA conversationnelle et de l’intelligence artificielle générale.



