
L’avenir de la saga Assassin’s Creed est au cœur des débats chez les joueurs. Ubisoft vient d’annoncer des changements majeurs dans son organisation, créant une nouvelle filiale dédiée à ses franchises phares. Cette réorientation est-elle le souffle nouveau tant attendu ou une simple réorganisation de façade ?
Ubisoft restructure : un vent nouveau ou une fausse promesse ?
Hier, le 16 juillet, Ubisoft a officialisé la création d’une nouvelle filiale stratégique. Celle-ci sera dédiée à des licences phares comme Far Cry, Rainbow Six et bien sûr, Assassin’s Creed. Pour la piloter, le géant français a nommé Christophe Derennes et Charlie Guillemot en tant que co-PDG. L’objectif clair de cette entité est de transformer ces marques en « écosystèmes » qui généreront des milliards d’euros sur le long terme, les rendant « éternelles ».
Christophe Derennes a d’ailleurs souligné cette ambition. Selon lui, cette initiative vise à faire grandir ces marques iconiques. Il a assuré qu’elles resteraient fidèles à leur ADN original, tout en offrant des expériences constamment enrichissantes et surprenantes aux joueurs. Un discours rassurant, mais qui n’a pas suffi à dissiper toutes les inquiétudes.
Pourquoi la communauté est-elle sur ses gardes ?
Cette annonce a déclenché une vague de scepticisme au sein de la communauté Assassin’s Creed. De nombreux fans estiment qu’un véritable changement de direction est crucial pour la survie de la série. Leurs craintes sont fondées sur plusieurs performances commerciales récentes, jugées décevantes.
L’exemple le plus frappant est sans doute Skull and Bones. Ce titre aurait vendu « moins d’un quart des exemplaires physiques » de Sea of Thieves à son lancement. Un échec cuisant après un développement chaotique de 11 ans, avec des coûts estimés entre 650 et 850 millions de dollars. La situation financière d’Ubisoft n’aide pas non plus. Le cours de leurs actions a plongé : de 85 points en janvier 2021, il est passé à 52 points un an plus tard, avant de chuter à 11 points en janvier 2025. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et alimentent la méfiance des investisseurs et des joueurs.
Le spectre du « jeu service » et la méfiance des joueurs
Le terme « contenu éternel » a particulièrement fait tiquer la communauté. Pour beaucoup, cela rime dangereusement avec « jeu service ». Sur Reddit, un internaute a commenté : « Le contenu éternel ressemble beaucoup à du jeu service. Tencent continue de prendre le contrôle de plus en plus de studios. Du népotisme. Je ne sais pas. J’aime les jeux Ubisoft… croisons les doigts. » Cette perception est largement partagée, ravivant les craintes d’une dérive vers des modèles économiques moins appréciés.
La question du contrôle familial pèse aussi. « C’était un peu un rêve utopique d’imaginer que la famille Guillemot lâcherait jamais le morceau, hein ? » a ironisé un autre joueur. Le sentiment général est celui d’une perte de confiance. « Comme toujours, je n’ai aucune foi en Ubisoft mais qui sait, peut-être que j’ai tort », a ajouté un troisième. Ces réactions montrent un public désabusé, mais qui espère toujours un sursaut pour sa licence préférée.
Quel avenir pour la licence phare ?
Pour l’instant, il est trop tôt pour savoir si cette restructuration portera ses fruits. Christophe Derennes et Charlie Guillemot ont indiqué que la nouvelle filiale sera officiellement lancée une fois que l’équipe de direction sera pleinement constituée. En attendant, les affaires courantes continuent. Le futur d’Assassin’s Creed reste suspendu, entre l’espoir d’un renouveau et la peur d’une dénaturation progressive de la formule.



