
Alors que les psychédéliques montrent un potentiel thérapeutique, certains utilisateurs signalent des difficultés psychologiques qui persistent bien après les effets immédiats. Une nouvelle étude éclaire ces défis de longue durée, leur prévalence et les moyens d’y faire face. L’anxiété est perturbatrice, mais des problèmes comme la lutte existentielle durent le plus longtemps.
Les défis les plus fréquents identifiés
Les psychédéliques comme la psilocybine, le LSD ou l’ayahuasca sont étudiés pour la santé mentale. Cependant, une minorité d’utilisateurs rencontrent des perturbations psychologiques durables. Des études antérieures estimaient que 5 % à 25 % des utilisateurs rencontrent de tels problèmes.
Ces difficultés peuvent inclure l’anxiété, des changements perceptuels, la dépression ou la confusion. Les chercheurs appellent à mieux comprendre les risques. Le Dr Oliver C. Robinson, de l’Université de Greenwich, fait partie de l’équipe Challenging Psychedelic Experiences. Il explique que ces réactions négatives ont été largement ignorées. La recherche s’est surtout concentrée sur les effets positifs moyens.
Une étude détaillée sur la durée et la sévérité
Pour combler ce manque, l’étude a interrogé 159 adultes. Tous avaient eu des difficultés psychologiques pendant plus d’un jour après une prise psychédélique. L’expérience datait de 2 à 10 ans.
Les participants venaient d’Amérique du Nord et d’Europe. Ils ont décrit leurs difficultés et leur durée. Ils ont aussi indiqué les stratégies d’adaptation utiles. L’étude est parue dans le Journal of Psychedelic Studies.
Les difficultés les plus fréquentes étaient :
- 🤝 Déconnexion sociale (72 %)
- 😰 Anxiété et attaques de panique (68 %)
- 🤯 Lutte existentielle (65 %)
- 😔 Dépression (61 %)
- 🌫️ Déréalisation (55 %)
La paranoïa et les perturbations visuelles étaient moins communes (chacune à 21 %).
En termes de sévérité, l’anxiété et les attaques de panique étaient les plus perturbantes. La paranoïa et la difficulté à penser clairement suivaient. La dépersonnalisation ou les troubles visuels étaient jugés moins sévères.
Concernant la durée, la lutte existentielle et la faible estime de soi duraient le plus. Elles persistaient en moyenne plus de 15 mois. C’est nettement plus long que l’anxiété ou la dépression. Cela confirme des recherches antérieures. Intégrer des expériences profondes peut être difficile. Surtout si elles changent la vision du monde ou l’identité.
Selon le Dr Robinson, cela montre que certains rencontrent des difficultés émotionnelles ou perceptuelles. Elles peuvent durer des semaines ou des mois.
Stratégies d’adaptation et perspectives
L’étude a aussi exploré les stratégies aidantes. L’auto-éducation (lecture, vidéos) était la plus citée. Elle aidait pour la lutte existentielle, la déconnexion sociale ou les troubles visuels.
La thérapie professionnelle était utile pour la dépression et la faible estime de soi. Le soutien des pairs et de la famille était efficace pour l’anxiété et les attaques de panique. Le Dr Robinson a été surpris que discuter avec des pairs soit plus efficace que parler à des thérapeutes. Il pense que les thérapeutes ne sont pas encore assez formés aux difficultés post-psychédéliques.
Ces résultats ont des implications. Les difficultés prolongées sont diverses et communes. L’adaptation nécessite différentes stratégies. Il y a aussi des lacunes dans les soins. Beaucoup s’appuient sur l’auto-apprentissage. L’intégration psychédélique est encore un domaine de niche.
L’étude a des limites. Les données sont rétrospectives, pouvant introduire des biais de mémoire. L’échantillon est aussi plutôt éduqué et occidental. Les résultats pourraient être différents dans d’autres cultures. Par exemple, dans des pays où la culture psychédélique est légale. Le Dr Robinson cite le Brésil ou le Pérou.
La recherche future pourrait suivre les individus en temps réel. Des études interculturelles aideraient aussi à comprendre les influences du contexte. L’exploration des bases biologiques des symptômes persistants est aussi une piste.
Malgré les difficultés, la majorité des participants gardent une vision positive des psychédéliques. Ils les voient comme des agents de changement positif. Cela suggère que les difficultés pourraient être des problèmes révélés. Une fois rendus conscients, ils peuvent être résolus. Ce processus peut être pénible, comme en psychothérapie prolongée.
L’étude est intitulée « An investigation into the varieties of extended difficulties following psychedelic drug use: Duration, severity and helpful coping strategies ». Ses auteurs sont Oliver C. Robinson, Jules Evans, Rosalind G. McAlpine, Eirini K. Argyri et David Luke.
