
Une panne d’électricité massive a frappé la péninsule ibérique, plongeant l’Espagne et le Portugal dans le noir le 28 avril 2025. Cet événement sans précédent a paralysé transports, communications et services publics, exposant la fragilité des infrastructures traditionnelles. Face à cette crise, un service satellite a émergé comme une bouée de sauvetage inattendue.
Starlink, le refuge numérique inattendu
Alors que les réseaux terrestres s’effondraient sous le poids de la panne, le service d’accès à internet par satellite de SpaceX, Starlink, a vu son utilisation exploser. Pour de nombreux habitants privés de connexion, l’offre d’Elon Musk est devenue le dernier recours pour rester connectés au monde extérieur.
Selon les données rapportées par le Financial Times, l’utilisation de Starlink a bondi de 35% par rapport à sa moyenne habituelle au plus fort de la crise dans les deux pays. Le lendemain, en Espagne, alors que le rétablissement des réseaux classiques tardait, cette augmentation a même atteint 60%, témoignant de l’engouement soudain pour cette technologie alternative.
Résilience face à la tempête, mais à quelle échelle ?
Bien que la qualité de service ait pu être légèrement impactée durant le blackout, la connexion Starlink a globalement tenu le coup. Certaines stations terrestres opérant en Espagne ont été déconnectées, mais le réseau satellite a su basculer le trafic via des relais situés dans d’autres pays, notamment l’Italie, assurant ainsi une continuité minimale pour ses utilisateurs.
Cette performance a offert un formidable coup de projecteur à Starlink, démontrant sa pertinence en situation de crise. Cependant, les experts soulignent qu’il est peu probable que la couverture actuelle soit suffisante pour prendre en charge des millions d’utilisateurs lors de futures pannes d’une telle ampleur. Le service satellite, bien que résilient, n’est pas encore une solution universelle pour remplacer des infrastructures terrestres défaillantes à grande échelle.
La fragilité des réseaux terrestres exposée
La panne a cruellement mis en lumière la résilience limitée des réseaux mobiles traditionnels. Rapidement saturés, ils ont eu du mal à supporter la demande accrue, rendant la connectivité instable même pendant la phase de rétablissement. Claudio Fiandrino, chercheur à l’Institut des réseaux IMDEA de Madrid, cité par le Financial Times, résume la situation : «Trop de personnes essayaient d’accéder à trop peu de ressources. C’est pourquoi, pendant la phase de rétablissement, il était difficile d’obtenir une connectivité stable».
Cette vulnérabilité n’est pas propre à la péninsule ibérique. Au Royaume-Uni, par exemple, moins de 5% des centres de réseaux mobiles sont équipés de générateurs de secours capables de fonctionner pendant au moins six heures. Face à ce constat, certains pays, comme l’Australie, prennent les devants. Le gouvernement australien a mis en place des subventions publiques pour aider les opérateurs à équiper les zones rurales les plus reculées de batteries de secours d’une autonomie de 12 heures, afin de mieux se préparer aux situations extrêmes et de renforcer la résilience des communications en cas de crise majeure.



