
Une nouvelle étude publiée dans Psychological Assessment présente l’Indice de sadisme sexuel consensuel (ICSS), un outil innovant conçu pour mesurer les intérêts sexuels sadiques au sein de la population générale. Cette échelle se distingue des mesures existantes en se concentrant sur les actes et fantasmes consensuels, permettant ainsi une évaluation sans stigmatisation ni confusion avec des comportements pathologiques.
Un outil pour combler une lacune dans la recherche
Les évaluations traditionnelles du sadisme se basent souvent sur des échantillons cliniques ou médico-légaux, axés sur les actes non consensuels. Cette approche néglige les individus exprimant des tendances sadiques dans des contextes consensuels et risque de pathologiser des préférences sexuelles inoffensives. L’ICSS a été développé pour répondre à ce besoin, en considérant le sadisme sexuel comme un spectre plutôt qu’un trouble fixe.
Développement et validation de l’ICSS
L’étude, menée par Charlotte Kinrade de l’Université d’État de Kennesaw et ses collègues, a recruté 1 391 participants âgés de 18 à 85 ans, issus de deux échantillons : 1 087 étudiants de premier cycle et 429 adultes recrutés via CloudResearch. Les participants ont rempli le questionnaire ICSS, initialement composé de 18 items évaluant l’accord avec des affirmations concernant l’engagement dans des comportements sexuels sadiques consensuels et des fantasmes. Après analyse statistique, l’échelle a été réduite à neuf items, mesurant à la fois l’engagement direct et indirect dans ces comportements.
Distinction entre sadisme sexuel consensuel et sadisme ordinaire
Les analyses ont révélé que l’ICSS est fortement cohérente et fonctionne de manière similaire dans différents groupes démographiques. De plus, l’échelle a été comparée à des mesures du sadisme quotidien, comme le plaisir de la cruauté ou de la domination dans des contextes non sexuels. Si un certain chevauchement a été observé, des différences nettes sont apparues : le sadisme quotidien est plus fortement associé à des traits de personnalité antagonistes et pathologiques, comme la psychopathie et l’agressivité chronique, tandis que le sadisme sexuel consensuel présente une légère association positive avec l’ouverture à l’expérience.
Réponses honnêtes et faible désirabilité sociale
Une préoccupation majeure concernant les mesures autodéclarées de comportements sensibles est la possibilité de réponses socialement désirables. Cependant, l’ICSS n’a montré qu’une faible corrélation avec une mesure standard du biais de désirabilité sociale, suggérant que les participants ont répondu honnêtement et que l’échelle capture une variation significative des intérêts sadiques.
Implications et perspectives futures
Les résultats de l’étude suggèrent que le sadisme sexuel consensuel est moins pathologique que le sadisme ordinaire et qu’il peut être évalué sans pathologisation inutile. Bien que faiblement lié à l’insatisfaction dans les relations amoureuses, cette association est moins forte que celle observée pour le sadisme quotidien. Les chercheurs soulignent que l’ICSS pourrait être utilisée pour mieux comprendre le spectre du sadisme sexuel et ses implications, notamment en suréchantillonnant les communautés où des niveaux plus élevés de sadisme sexuel consensuel pourraient être présents, comme les adeptes du BDSM. Ils envisagent également d’intégrer des évaluations cliniques ou des rapports de partenaires pour mieux comprendre quand les tendances sadiques deviennent problématiques.
- 💡 L’ICSS est une nouvelle échelle pour mesurer le sadisme sexuel consensuel, se distinguant des mesures traditionnelles axées sur les actes non consensuels.
- 🔍 Le sadisme sexuel consensuel est psychologiquement distinct du sadisme ordinaire et moins lié à des traits de personnalité pathologiques.
- 📊 L’étude a recruté 1 391 participants pour valider l’échelle, démontrant sa cohérence et sa fiabilité.
- 🗣️ Les participants ont répondu honnêtement, avec une faible corrélation avec le biais de désirabilité sociale.
- 🔮 Des recherches futures sont nécessaires pour explorer les implications du sadisme sexuel consensuel sur la satisfaction relationnelle et pour identifier les situations où il devient problématique.



